La salle hypostyle avec ses quatre rangées de huit piliers.
La cour Ra III et la salle de la naissance. Comme le futur pharaon n’était pas d’origine royale, il fait raconter une naissance divine qui le fait descendre directement du dieu Amon. (C’est la façon des pharaons d’Egypte de démontrer leur filiation divine.)
Un vieil égyptien me sert de guide pour la visite de la dernière partie du temple. Un petit bakchich par ci, un petit bakchich par là. Déjà il y a cent ans, Gérard de Nerval disait : « Les gens d’ici sont d’une douceur admirable. Ce serait le meilleur peuple de la terre sans son avidité pour le bakchich ».
J’ai passé l’après-midi dans le merveilleux temple de Louxor, à m’asseoir à l’ombre des colonnes qui ont vu passer les prêtres de l’antique religion d’Egypte.
Je prends le temps d’admirer les chapelles d’Hatshepsout et la statue assise du couple formé par Toutankhamon et son épouse Ankhsenamon.
Eblouie par le soleil, je vais siroter un karkadé (L’infusion d’hibiscus se consomme chaude ou froide.) à la terrasse du Mina Palace, perdue dans mes rêves.
J’assiste à nouveau au miracle du coucher du soleil qui embrase Louxor.
Comme l’affirme le dicton, quiconque a bu l’eau du Nil reviendra en Egypte. Quelqu’un a dû me faire de l’eau du Nil à mon insu.
J’ai retraversé le Nil par le ferry.
Repas en famille, chou farci de riz et d’épices succulentes, des haricots rouges en sauce et le pain typique.
Les yeux brillent dans l’obscurité et la conversation bat son plein. Je me laisse bercer je commence à attraper quelques sonorités au vol. J’adore par la langue égyptienne. Je ne comprends rien mais ça!
Tout le monde mange avec les doigts au même plat. Pour le riz, chacun sa cuillère. Pour le reste, on trempe simplement le morceau de pain dans la sauce. On regarde le feuilleton mélo à la télé, Dallas à la sauce égyptienne !
Comment, direz-vous, regarde-t-on la télé sans électricité dans un endroit coupé du monde au bord du Nil ? Pas de mystère. Avec une grosse batterie. Il y a aussi une lampe solaire (Entre temps ces lampes solaires sont apparues aussi dans nos jardins.), cadeau d’un touriste allemand. Encore un truc égyptien. (Beaucoup d’Egyptiens vivent avec le minimum vital. Ils sont obligés d’exercer plusieurs métiers, quand ils trouvent du travail.)
Je repars le long du Nil et nous programmons mon excursion du lendemain. Hassan m’accompagnera avec son taxi. Sa femme nous prépare le thé.
Je suis surexcitée. En route vers la Vallée des rois
Les Colosses de Memnon : c’est tout ce qu’il reste du monument funéraire d’Aménophis III, le père d’Akhenaton.
Les crues du Nil ont rongé les colosses et les tremblements de terre les ont achevés. Dans l’Antiquité gréco-romaine, au début de notre ère, un tremblement de terre fissura la pierre et tous les matins, la dilatation du soleil faisait gémir une des deux statues. Les romains accouraient pour assister au phénomène. Même l’empereur Hadrien. Ce sont les Grecs qui leur donnèrent leur nom. Ils pensaient qu’il s’agissait de Memnon, un héros mort à la guerre de Troie et fils de la déesse «Aurore». Ils croyaient qu’Aurore pleurait la mort de son fils. Les Colosses constituaient une vraie attraction dans le monde antique. Le miracle ne se produisait pas chaque matin et il fallait parfois de la patience.
Septime Sévère fit réparer la statue qui s’est tue à jamais. Les mauvaises langues disent que Septime Sévère l’a fait exprès pour faire taire les lamentations de Memnon.
C’est dans la Vallée des rois (Wadi El-Moulouk, en arabe, la vallée des rois,) au pied d’une montagne de rocailles en plein désert que les pharaons se firent inhumer à partir de Thoutmosis parce que l’endroit était désertique et surtout inaccessible, du moins le croyaient-ils. C’est lui le premier qui a l’idée d’y cacher sa sépulture. Thoutmosis inaugure la 18è dynastie et le Nouvel Empire en 1580 avant notre ère. (Le Nouvel Empire a duré environ 5 siècles et va de la 18è à la 20è dynastie (de 1580 à 1085 avant notre ère)).C’est l’Age d’or de l’Egypte, l’ère des grands pharaons. Aux Thoutmosis, succèdent les Amosis, les Aménophis, les Séti, les Ramsès. Le plus célèbre, Ramsès II, a eu l’un des règnes les plus longs de l’histoire égyptienne et a érigé les monuments les plus grandioses de l’Egypte du nord au grand sud, à la frontière du Soudan actuel.
Je visite seulement la tombe de Toutankhamon, car j’ai visité auparavant d’autres tombes. Rien à voir, disent les guides. C’est un peu vrai ! Un long couloir aboutit dans une petite pièce où se trouvent le sarcophage et la momie de Toutankhamon. Quelques peintures splendides sur les murs, mais un peu décevant aussi que pour ce prix exorbitant (12.50 €), en plus du droit d’entrée au site, on ne puisse pas pénétrer dans les autres pièces de la tombe. Bon ! Je l’aurai vue de mes yeux la tombe célèbre dont je connais maintenant l’histoire par coeur. Howard Carter a consacré des années de sa vie pour enlever aux entrailles de l’endroit les cinq mille objets de la tombe. C’est maintenant le trésor le plus fabuleux de l’Egypte, conservé au musée du Caire. Je remonte à l’air libre. J’oublie toujours combien le soleil d’Egypte est cuisant.
Les étudiants que j’ai rencontrés hier au temple de Louxor me font un petit signe amical.
En route pour les temples funéraires.
Le Temple de Medinet Abou est le temple funéraire de Ramsès III. Peintures superbement conservées. J’ai droit à un guide privé, un très vieil égyptien en Gezireh et turban qui m’explique tout avec une patience infinie. Il m’invite à m’asseoir sur une